Virtualisation

Pourquoi les VM ont révolutionné l’infrastructure informatique des PME

Pendant longtemps, installer un nouveau service informatique signifiait presque automatiquement acheter un nouveau serveur.

Par bruno7 min de lecture
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Un serveur pour le logiciel de gestion. Un autre pour les fichiers. Un autre pour une application métier. Parfois encore un autre pour une base de données ou un service web.

Cette époque est largement révolue.

Grâce à la virtualisation, un même serveur physique peut aujourd’hui faire fonctionner plusieurs serveurs totalement indépendants les uns des autres.

Ces serveurs virtuels, appelés machines virtuelles ou VM, ont profondément transformé la manière de concevoir une infrastructure informatique.

Pour une PME, leur intérêt est considérable : moins de matériel, une meilleure utilisation des ressources, des sauvegardes beaucoup plus simples, une restauration rapide et surtout une infrastructure qui dépend beaucoup moins du matériel physique.

Une VM, qu’est-ce que c’est ?

Une machine virtuelle se comporte presque exactement comme un ordinateur physique.

Elle possède ses processeurs virtuels.

Sa mémoire.

Ses disques.

Sa carte réseau.

Son système d’exploitation.

Pour l’application installée à l’intérieur, il n’y a pratiquement aucune différence.

Un serveur Linux fonctionnant dans une VM se comporte comme s’il disposait de sa propre machine.

La différence est qu’un logiciel appelé hyperviseur partage les ressources du serveur physique entre plusieurs machines virtuelles.

Un serveur disposant de 128 Go de mémoire et d’un processeur puissant peut ainsi héberger plusieurs VM ayant chacune leur propre fonction.

Un serveur physique peut en remplacer plusieurs

C’est le premier avantage économique.

Imaginons une PME ayant besoin de cinq services :

ERP

Portail métier

GED

Serveur de fichiers

Application interne

L’ancienne approche aurait pu conduire à acheter plusieurs serveurs physiques.

Avec la virtualisation, ces cinq services peuvent fonctionner dans cinq VM séparées hébergées sur une ou plusieurs machines physiques.

Chaque service reste indépendant.

Mais les ressources matérielles sont mutualisées.

L’entreprise réduit ainsi le nombre de machines à acheter, alimenter, refroidir, maintenir et renouveler.

Pourquoi ne pas simplement tout installer sur le même serveur ?

On pourrait évidemment installer plusieurs applications directement sur un même système d’exploitation.

Mais cela crée rapidement des dépendances.

Une application exige PHP 8.4.

Une autre nécessite une autre version.

Une mise à jour modifie une bibliothèque.

Un service consomme toute la mémoire.

Une application est compromise.

Un redémarrage est nécessaire.

Tous les services se retrouvent alors liés au même système.

Avec les VM, on peut au contraire isoler les fonctions.

VM 1 : ERP

VM 2 : portail métier

VM 3 : GED

VM 4 : base de données

VM 5 : services internes

Une panne ou une opération de maintenance sur une VM ne nécessite pas nécessairement d’intervenir sur les autres.

L’isolation simplifie énormément l’administration

Cette séparation constitue l’un des grands avantages de la virtualisation.

Chaque VM possède son propre environnement.

Une application peut être mise à jour indépendamment.

Un serveur peut être redémarré sans redémarrer toute l’infrastructure.

Une nouvelle version peut être testée dans une VM distincte.

Une application ancienne peut rester dans un environnement compatible pendant que le reste de l’infrastructure évolue.

L’administrateur maîtrise beaucoup mieux les dépendances.

Et lorsqu’un problème apparaît, son périmètre est plus facile à identifier.

Une VM n’est plus attachée à son serveur physique

C’est probablement le changement le plus important.

Avec un serveur traditionnel, l’application et le matériel étaient fortement liés.

Carte mère, contrôleur de disques, processeur, stockage : la panne d’un élément pouvait compliquer fortement la remise en service.

Avec une machine virtuelle, le serveur devient essentiellement un ensemble de fichiers et de données décrivant une machine.

Cette VM peut être sauvegardée.

Copiée.

Restaurée.

Déplacée sur un autre serveur.

L’application n’est donc plus véritablement attachée à la machine physique qui l’exécute.

Le matériel devient remplaçable.

Un serveur tombe en panne ? La VM peut redémarrer ailleurs

C’est l’un des avantages les plus spectaculaires de la virtualisation.

Supposons qu’un serveur physique tombe définitivement en panne.

Dans une architecture traditionnelle, il faut parfois réparer la machine, réinstaller le système d’exploitation, reconfigurer les services, réinstaller les applications puis restaurer leurs données.

Avec une infrastructure virtualisée correctement sauvegardée, l’approche peut être radicalement différente.

On dispose d’un autre serveur compatible.

On restaure la VM.

On la démarre.

Le système d’exploitation, les applications, leurs configurations et les données sauvegardées retrouvent leur environnement.

Le temps de reprise peut ainsi être considérablement réduit.

Les sauvegardes deviennent beaucoup plus puissantes

La virtualisation change également la manière de sauvegarder les serveurs.

Il reste indispensable de sauvegarder correctement les données et notamment les bases de données.

Mais il devient également possible de sauvegarder la machine virtuelle elle-même.

Cela signifie que l’on ne sauvegarde plus uniquement les fichiers de l’utilisateur.

On peut conserver l’environnement complet :

le système d’exploitation ;

les logiciels ;

les configurations ;

les services ;

les disques virtuels ;

et les données correspondantes.

En cas de problème majeur, on ne reconstruit donc pas nécessairement le serveur depuis zéro.

On restaure son environnement.

Le snapshot : photographier un serveur avant une opération sensible

La virtualisation apporte également la notion de snapshot.

Avant certaines opérations, l’administrateur peut enregistrer l’état de la VM.

Il doit, par exemple, effectuer une mise à jour importante.

Un snapshot est créé.

La mise à jour est réalisée.

Si tout fonctionne, l’exploitation continue et le snapshot temporaire peut être supprimé selon la procédure prévue.

Si un problème apparaît, le snapshot peut dans certaines situations faciliter un retour à l’état précédent.

Attention toutefois : un snapshot n’est pas une sauvegarde.

Il s’agit d’un outil opérationnel très utile, mais il ne remplace jamais une véritable stratégie de sauvegarde indépendante.

Créer un serveur ne prend plus plusieurs jours

La virtualisation permet également de déployer très rapidement de nouvelles machines.

L’entreprise souhaite tester une nouvelle application ?

Une VM de test peut être créée.

Elle souhaite disposer d’un environnement de préproduction ?

Une nouvelle VM.

Un développeur doit tester une migration ?

On peut lui fournir un environnement isolé.

Lorsque le test est terminé, la VM peut être supprimée.

Il n’est plus nécessaire d’acheter une machine physique pour chaque expérimentation.

Les environnements de test deviennent accessibles aux PME

C’est un avantage souvent sous-estimé.

Dans une infrastructure traditionnelle, beaucoup de PME effectuent les mises à jour directement sur les serveurs de production.

Pourquoi ?

Parce qu’elles ne disposent pas d’une deuxième infrastructure identique permettant de tester.

La virtualisation réduit fortement ce problème.

Il devient beaucoup plus simple de disposer d’un environnement :

Développement

Test

Préproduction

Production

Une mise à jour peut être validée avant d’être appliquée au système réellement utilisé par les salariés ou les clients.

Les ressources peuvent évoluer avec les besoins

Une VM commence avec 4 Go de mémoire.

L’application grandit.

Elle en nécessite désormais 8.

Selon l’architecture, augmenter les ressources allouées peut être relativement simple.

Même principe pour les processeurs virtuels ou le stockage.

L’entreprise n’est plus obligée de dimensionner chaque serveur physique séparément pour le maximum théorique dont il pourrait avoir besoin dans cinq ans.

Les ressources du serveur physique peuvent être réparties entre les VM en fonction de leur utilisation réelle.

La virtualisation améliore l’utilisation du matériel

Un serveur physique traditionnel peut passer une grande partie de son temps à n’utiliser qu’une faible portion de sa puissance.

Pourtant, l’entreprise a payé l’ensemble du processeur, de la mémoire, du stockage, de l’alimentation et du matériel.

La virtualisation permet de mutualiser cette capacité.

Une VM utilise beaucoup de processeur à un moment donné.

Une autre en utilise très peu.

Une troisième consomme surtout de la mémoire.

L’hyperviseur répartit les ressources physiques entre les différentes mach

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